Chers ami-e-s,

Mgr Paul-André m’a demandé de rejoindre la communauté paroissiale Notre-Dame-de-l’Eau-Vive dans le secteur Hull comme pasteur. Ce qui, vous l’aurez compris, signifie que je vais vous quitter prochainement pour devenir un «gars d’Hull». Cette nouvelle affectation sera effective au début du mois de janvier 2015. Je serai donc parmi vous encore jusqu’au 10 janvier 2015 date à laquelle je rejoindrai ma nouvelle communauté. Ainsi s’achèvera une première portion de mon ministère pastoral qui m’aura amené à divers endroits : St-Kizito et St-Victor (au Congo); Ste-Madeleine et Ste-Thérèse (en France); Sacré-Cœur (à Ottawa); St-Matthieu et St-Alexandre, Ste-Élisabeth et St-Pierre; Ste-René-Goupil, St-Jean-Marie-Vianney et Ste-Maria-Goretti, devenus Ste-Trinité et bientôt à N.-D.-de-l’Eau-Vive (à Gatineau).

 

Au cœur de ce passage que j’ai à vivre et que vous avez à vivre, je confie dans ma prière la communauté Ste-Trinité pour que sa diversité devienne toujours et réellement une richesse à partager plutôt qu’une option concurrentielle. Au moment de vous quitter, il y aura tant de visages à revoir, tant de rencontres à évoquer, tant de personnes à remercier… Mais je le fait simplement en relisant avec vous ce que nous avions identifié les premières années comme étant essentielles et prioritaires, et que nous avons cherché à vivre ensemble pendant toutes ces années : 1) réapprendre à être une communauté ouverte et accueillante de jeunes, de jeunes familles et de personnes démunies; 2) devenir une communauté heureuse de célébrer la présence de Dieu à travers des liturgies signifiantes. Ce fut une aventure à la fois fabuleuse et défiante, car nous ne savions pas si les grains semés germeraient et porteraient des fruits. Notre espoir était parfois aléatoire, cependant notre espérance, elle, est demeurée tenace.

 

Durant ces années où nous avons cheminé ensemble, j’ai essayé tout simplement de vous partager mon espérance. En cela, j’ai été parmi vous et avec vous un homme heureux. Je remercie le Seigneur de votre présence, de vos engagements, divers et variés, de votre générosité, de votre amitié, de votre convivialité, de vos délicieuses tartes aux pommes, de nos taquineries le lendemain de la défaite du Canadiens de Montréal… Au terme de cette belle aventure, je mesure combien la paroisse Ste-Trinité est une très belle communauté, avec des forces, des limites et des défis. Vous, paroissiens, êtes une chance que le Seigneur nous donne pour faire de nous des pasteurs heureux et bons. J’espère que l’inverse fut de même pour vous. Si j’évoque avec vous ces années, c’est parce qu’elles m’ont aidé dans ma foi et dans ma vie humaine. Ensemble, nous avons partagé tant de bonheur, d’émerveillements, de rires, d’espoirs, de tâtonnements, de soubresauts, et sans doute aussi de déceptions… Tout ce qui a été vécu, et ce qui reste à vivre, c’est au Christ que nous le devons. Puisse son Esprit poursuivre en nous son œuvre d’amour.

 

Je veux saisir cette occasion pour demander sincèrement pardon à celles et à ceux que j’ai pu offenser, que j’ai pu blesser. Venant d’un prêtre, mon mal peut blesser en vous ce que vous attendez de l’Église et du Christ. Il est nécessaire de nous pardonner, comme nous le faisons au début de chaque messe, moi devant vous, et nous tous au pied du Père, pour confesser notre manque d’amour et accueillir son pardon. Réjouissons-nous ensemble de nos forces et supportons-nous mutuellement dans nos limites.

 

Ma profonde reconnaissance revient à chaque paroissien, particulièrement à vous tous et toutes qui êtes impliqués diversement et aux confrères prêtres. Merci pour le témoignage de foi que vous donnez. Je veux aussi nommer les personnes qui ont pris des engagements au nom de leur foi pour aider les démunis, pour visiter les malades et les personnes âgées. Je n’oublie pas des centaines de visages que j’ai rencontrés, connus et chéris, et qui nous ont précédés auprès du Père. Gardez rayonnants vos sourires pour que cette communauté soit toujours souriante : sourire de l’amour, du pardon, de l’amitié, sourire d’encouragement, sourire de réconfort, sourire de l’accueil… Vos sourires sont fertiles en joie et en paix. Gardez en mémoire ce qui doucement a réchauffé nos cœurs, comme pour les disciples d’Emmaüs ! Pour goûter au bonheur d’être des disciples de Jésus, fixons notre regard sur le Christ. Notre Église porte parfois des rides; son visage n’est peut-être pas comme beaucoup auraient souhaité qu’il soit; mais ne la boudons pas: aimons-la. La beauté et l’amour en elle sont plus forts que ses rides. L’Église porte encore un message d’espérance pour l’humanité. Et rappelons-nous : l’Église c’est toi, c’est moi, c’est nous. N’hésitons pas à rejoindre nos contemporains, pour communier à leurs espoirs, pour leur partager notre espérance. N’oublions pas les jeunes et les jeunes familles; sans eux, notre Église n’a aucun avenir possible.

 

Merci à chacun et chacune de vous. Je vous aime.

Rodhain 

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