Bonjour à tous et à toutes, 

Déjà trois semaines, que le temps passe vite… Pierre-Paul a fini de me présenter aux messes dominicales. Chaque fois, il répétait que j’étais un jeune prêtre, mais (là c’est moi qui parle) un vieux monsieur. Tout cela est bien relatif. Nous avons l’âge de notre cœur. Par ailleurs, le fait que j’ai été ordonné à 55 ans et que j’ai eu 56 ans deux jours après, on me dit souvent : « mais c’est une vocation tardive ! » Je n’aime pas beaucoup ce qualificatif pour décrire mon appel de Dieu. C’est comme si j’avais répondu tardivement à un appel qui m’aurait été fait ultérieurement par désinvolture. Il n’y pas d’âge pour être appelé.

 

J’en ai pour preuve mon grand-oncle Alexandre Mignault de Sherbrooke. Après ses études classiques, il s’est inscrit au grand séminaire de Sherbrooke où il a fait sa théologie en vue de la prêtrise. Le discernement qu’ont fait les supérieurs de l’établissement n’a pas été concluant. Ils lui ont tout simplement conseillé d’entreprendre une autre carrière. C’est ainsi qu’il entreprit des études en médecine avec une spécialisation en obstétrique. Il s’est marié à tante Lucille et ils ont fondé une famille. Dans sa vieillesse, tante Lucille a développé la maladie de Alzheimer. Oncle Alexandre est allé la faire manger jusqu’à son dernier souffle. Quelques jours après les funérailles de tante Lucille, mon oncle a pris rendez-vous avec son ami l’évêque de Sherbrooke et il lui a dit : « L’Église n’avait pas besoin de moi quand j’étais jeune peut-être aura-t-elle besoin de moi maintenant que je suis vieux ? » Et le voilà reparti. Il refait sa théologie, entreprend une année de stage pastoral pour finalement être ordonné diacre à 89 ans et prêtre à 89 ans et six mois. Son évêque l’a nommé aumônier de sa résidence pour personnes âgées et il garda ce ministère pendant 11 ans. Il est mort à 103 ans.

 

À cause de l’oncle Alexandre, je peux dire que dans ma famille ma vocation n’est pas tardive, mais belle et bien précoce. Cela me rajeunit !

 

Le refrain du psaume de ce dimanche m’interpelle beaucoup. Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. C’est aujourd’hui que le Seigneur nous parle dans notre vocation d’être humain. On ne sait jamais ce qu’il a à nous dire…

 

─ Charles Mignault

Catégories : Mot de Charles