Lors de la rencontre du 13 avril nous avons abordé le 4e et dernier volet sur l’accueil soit l’accueil des «distants». Mais qu’est-ce qu’un distant? Sous ce mot se cache la notion de distance, supposant un parcours, un cheminement: je dirais donc qu’un distant, c’est quelqu’un qui a un cheminement différent du mien. Or, si l’on se souvient bien, dans les 3 volets précédents, lorsque nous parlions d’accueil de l’autre, des bénévoles ou de notre communauté, le respect du cheminement était une qualité essentielle.

Qu’est-ce qui peut amener ces personnes à prendre une «distance» par rapport à la communauté de pratiquants? Les raisons sont multiples: l’église d’aujourd’hui telle qu’ils la perçoivent ne correspond plus à ce qu’ils cherchent; la pratique hebdomadaire n’attire plus ou pas la génération suivante; l’Église universelle déçoit de plus en plus avec certaines positions jugées rétrogrades; les scandales présents et passés donnent souvent raison aux indécis; les parents n’ont pas pris la relève de l’école face à la transmission de la foi; trop de changements, on ne s’y retrouve plus!

Alors, comment devons-nous accueillir ces distants? Pouvons-nous nous inspirer de l’exemple de Jésus? Comment s’est-il comporté avec les «distants» de l’époque qui se sont trouvés sur son chemin? Pensons à l’aveugle-né, à Marie-Madeleine, au bon et au mauvais larron, à Zachée, au jeune homme riche, à la samaritaine. Jésus écoute, il ne juge pas, il propose un chemin différent tout en nous laissant libres de le suivre.

Comme pratiquant, nous adhérons aux valeurs évangéliques et croyons ainsi, peut-être à tort, être à l’abri des égarements. Ne nous est-il pas arrivé en chemin de mettre en veilleuse certaines de celles-ci? Ne devrions- nous pas nous aussi accueillir ce « distant de passage» en nous? Ce qui est rassurant, c’est de constater que la plupart des «distants» adhèrent fortement aux mêmes valeurs que nous qui célébrons. Eux aussi pratiquent l’amour, le respect, la compassion, la paix, la justice, etc. Ils pratiquent d’une façon différente de la nôtre, mais s’il est vrai que «tous les chemins mènent à Rome» alors nous nous retrouverons tous un jour à la « Place Saint-Pierre »!

L’accueil transforme non seulement celui qui est accueilli, mais aussi celui qui ose bien le faire. N’oublions pas que les distants ont eux aussi des trésors à libérer.

Jean Richard Du groupe « Des amours de grands-parents»