Souriante consternation

Il faut que je vous cause de quelque chose entendu la semaine dernière à la radio au sujet de l’Église et des chrétiens. Sur une radio de la région, j’écoutais un psychologue invité à une émission. Il parlait de l’origine du sentiment religieux chez l’être humain. J’étais curieux de l’entendre, mais je vous passe les détails. Il a commencé par présenter l’histoire de l’Église. Rien à redire, tellement il y avait plusieurs raccourcis. Rapidement, ces clichés ont laissé la place à une souriante consternation chez moi : le psychologue a affirmé par exemple (je cite) que c’est Constantin qui «a fait de l’Église la religion officielle de l’empire, qu’il est le véritable artisan de l’Église», lui qui «a légué à l’apôtre Pierre et aux chrétiens un héritage inespéré». Plus l’émission avançait, davantage le propos de cette personne devenait un festival de clichés. Ainsi selon lui, l’Église serait une institution dont les adeptes sont une race de personnes qui vivent un mélange d’archaïsme et de superstition fleurie. Toujours d’après lui, les chrétiens sont des blasés, des embrumés, dont la vie se trouve enrobée dans une morale bigote et inflexible; des naïfs sans aucun esprit critique; ils exaltent le culte d’un passé mythique qui n’existe guère que dans leur esprit.

Parce que c’était plus fort que moi, dans un élan spontané, j’ai voulu vaincre le poids du silence pour rédiger cette petite réponse envoyée par l’entremise de l’animatrice de l’émission, dans l’espoir qu’il la fera parvenir à notre bon psychologue. Ma réaction est une réponse amicale mais néanmoins claire.

Chère animatrice, je suis un auditeur assidu de votre émission; à ce titre, j’ai suivi votre invité du 23 août dernier. En l’écoutant, j’avoue avoir rangé ma susceptibilité afin de prendre avec humour les nombreux poncifs triviaux qu’il a assenés sur l’Église. J’en ris encore. Il valait mieux en rire qu’en pleurer. Mais j’ai décidé de réagir pour tenter de rétablir quelques vérités simples. Je me sens non seulement le droit mais aussi le devoir de signaler, par votre intermédiaire, à l’attention de votre distingué invité, qu’il est consternant de voir des personnes que l’on considère comme des intellectuels cultiver des raccourcis d’une telle étroitesse. Plus consternant encore est le fait que l’animatrice acquiesce de nombreuses inexactitudes sans piper mot. À la limite, dire que les chrétiens vivent un «mélange d’archaïsme et de superstition fleurie», ou qu’ils sont «des blasés», ou encore «une espèce de naïfs sans aucun esprit critique»… ne m’émeut guère. Par le temps qui court, il est plutôt de bon ton de traiter les chrétiens de zombies archaïques. Il y a même une surenchère en la matière, particulièrement dans les médias. Mais le plus atterrant dans tout cela, c’est le fait que des croyants ordinaires qui entendent de tels propos les ressentent comme une blessure. Permettez-moi de dire rapidement quelques éléments d’information historique rudimentaire au bénéfice de la bonne compréhension de votre invité. Le roi Constantin, qui vécut entre le 3è et le 4è siècles, n’a pu connaître l’apôtre Pierre, mort vers l’an 60. Du reste, s’il est vrai que par sa conversion, Constantin a visiblement permis à l’Église de s’établir dans l’empire romain, il est plus exact de préciser qu’il a surtout proclamé la liberté de culte et prévu de rendre aux chrétiens les biens qui leur avaient été confisqués pendant les persécutions successives. C’est plutôt le roi Théodose qui, en 380, a fait du christianisme la religion officielle de l’empire romain. Les véritables artisans de l’Église ont été les apôtres de Jésus, les premières communautés chrétiennes, les pères de l’Église, les moines, les saints du Moyen âge… En écoutant votre invité, j’ai senti par moment que ses dires étaient fondés sur des bons sentiments; je n’en doute pas. Mais c’est bien là le problème quand les bons sentiments se rapprochent de très près de la condescendance. Dans ses propos, il a en effet employé plusieurs fois le mot «naïveté» pour caractériser la foi des chrétiens. Je lui suggère pour la prochaine fois d’utiliser quelques synonymes et ça nous changera peut-être: benêts, bêtes, bonasses, crédules, dupes, poires, etc.

Rodhain Kasuba

L’abbé Gravel, le mutin de Panurge ?

Si chers amiEs,  avec la fin du mois d’août, s’approche également la fin de l’été. À part les pluies abondantes, ce mois aura sans aucun doute été marqué par la mort de l’abbé Raymond Gravel, prêtre du diocèse de Joliette. Ce qui m’a le plus frappé ce sont les nombreux témoignages d’affection et d’admiration qui lui ont été manifestés. Les réactions venaient de partout, aussi bien des croyants que des non-croyants, des jeunes que des adultes…  Comment expliquer un tel élan collectif d’admiration et de sympathie? Pourquoi tant de gens se reconnaissent-ils dans la vie et les paroles de cet homme? J’ai lu des commentaires qui le présentent comme un homme parfait. Je ne suis pas certain que lui-même aurait aimé être considéré comme tel. C’est un homme qui à coup sûr avait ses limites. Cependant, s’il a touché tant de cœurs, c’est probablement parce qu’il a su transmettre l’expérience merveilleuse de sa foi, laquelle aura été pour lui quelque chose d’important et de vivifiant. Plusieurs personnes et médias l’ont peint comme le mouton noir de l’Église. Il n’était donc pas un mouton de Panurge. L’abbé Gravel, mutin de Panurge ? En effet, sa vie a été caractérisée par une incroyable liberté de parole et par des prises de position libres en Église et sur plusieurs sujets de société. Celles-ci ont parfois provoqué une crise d’urticaire chez certains.

Faut-il pour autant réduire la vie, immense, riche et complexe de cet homme à ses prises de parole et de position? Personnellement, je garde de lui tout d’abord l’image d’une personne qui avait une relation très profonde à la Parole de Dieu. Il raffolait en raffolait. La Parole lui était si intime qu’il savait la partager avec empressement, dans des mots simples et dans un langage accessible. Aussi, je retiens de lui son amour indéfectible pour l’Église. Malgré ses critiques, il est demeuré en relation étroite avec l’Église et avec son évêque. Après son passage en politique, qui semble n’avoir pas été une expérience très heureuse, il a pu dire que la politique l’a fait aimer davantage l’Église en dépit de ses imperfections. Il a pu également affirmer que la liberté de parole n’est pas plus grande en politique qu’en Église. C’est sans aucun doute à cause de cet amour si intense qu’il avait pour l’Église qu’il a eu des mots parfois durs vis-à-vis de celle-ci, lui qui répétait sans cesse : « L’Église ne peut plus continuer à tenir un langage d’interdits et de condamnations ». Sur ce point, il n’a fait que suivre les traces de Jésus. En effet, Jésus était souvent très critique vis-à-vis de l’establishment religieux de son époque. Du reste, le nouveau pape François ne dit pas autre chose (voir son exhortation apostolique La joie de l’Évangile).

Avant sa mort, dans un entretien dans Second regard, l’abbé Gravel disait ceci au sujet du pardon : « Si quelqu’un m’a fait du mal, ce n’est pas grave, je lui pardonne. Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je m’en excuse et je lui demande pardon». En regardant l’existence de cet homme, je me dis que la vie est un temps donné à notre liberté pour apprendre à aimer. Raymond Gravel a essayé d’aimer du mieux possible jusque dans le plus petit détail du quotidien en faisant de l’existence un lieu d’accueil des autres et un parfum d’Évangile capable de remplir notre Église et notre société.

Et nous, alors que s’ouvre devant-nous une nouvelle année pastorale, sommes prêts à nous dire à nous-mêmes que rien n’est insignifiant dans l’Amour? Sommes-nous prêts à faire en sorte que l’accueil soit au centre de la vie de notre communauté durant cette nouvelle année pastorale ? Concrètement que pourrions-nous apporter cette année à notre communauté ? Quel trésor aimerions-nous partager ?

Rodhain Kasuba

 

Un mot aux grands-parents

Bonjour à vous tous grands-parents et amis qui nous lisez,

Ça y est nous sommes à prendre avec vous tous l’envol de la nouvelle année pastorale et donc de la nouvelle opportunité de nous rencontrer comme grands-parents!  La joie habite notre cœur à la pensée que déjà plusieurs nous demandent : « quand est-ce que vous commencez les rencontres pour les grands-parents? »

Eh bien! Disons-nous tout de suite que nous sommes invités à participer à la messe pour les grands-parents le dimanche 14 septembre à la messe de 11heure. Une animation particulière regroupera plusieurs grands-parents et la chorale nous aidera à vivre cette célébration dans la joie. Profitons donc de ce petit mot pour inviter des grands-parents, nos petits-enfants et même nos enfants à venir vivre cette fête avec nous tous.

Pour nos rencontres de l’année qui se tiennent toujours le premier lundi du mois à 13h 30 au jubé de l’église St-René Goupil, elles débuteront le premier lundi d’octobre. Car le premier lundi de septembre ce sont les Montgolfières et la préparation de nos petits pour le retour à l’école.

Alors ,mettons à notre agenda ou calendrier ces précieuses dates : le dimanche 14 septembre à 11h et le lundi 6 octobre pour le début des rencontres des amours de grands-parents.

D’ici là, demeurons dans la joie!

Madeleine Lanthier, pour le groupe « des amours de grands-parents 

Une messe au cœur de l’été

Chaque été, notre communauté paroissiale se donne le temps de célébrer l’eucharistie en plein air. Un peu à la manière de François d’Assise, nous célébrons rendons grâce à Dieu avec la création toute entière.

Il est des instants de la vie, comme il est des rencontres, des paroles, des événements dont le pouvoir transformant n’agit que dans la durée, parfois même la longue durée. L’eucharistie en est sûrement un. D’après le concile Vatican II, elle est le socle de notre existence chrétienne. L’eucharistie fonde le christianisme. Plus que la célébration d’un rite, elle est une rencontre : la rencontre du Seigneur qui nous convie à l’écoute de sa Parole et au partage du pain. Elle est également la rencontre de nos frères et sœurs. Dans l’eucharistie, notre participation au mystère de la mort et de la résurrection du Christ n’a pas la même texture que celle des moments quotidiens de l’existence. L’eucharistie, elle, nous provoque à la nouveauté de la vie en Jésus-Christ, nous invite à la rencontre et nous convie à nous mettre au service des plus démunis. L’eucharistie est un rendez-vous de la joie, comme en témoignent ces images. Loué sois-tu Seigneur à cause de toutes tes créatures !

 

Le séjour des familles de Peuple-Pèlerin

La mission auprès des jeunes est responsable d’accompagner les 11-35 ans et de les aider à grandir dans leur vie humaine et chrétienne. En ce sens, c’est de la demande des jeunes familles de Peuple-Pèlerin qui ont manifestées l’intérêt d’avoir une opportunité de se rencontrer et de vivre quelque ensemble durant l’été qu’est née cette initiative.

 

C’est près d’une vingtaine de personnes qui se sont rassemblées pour vivre ces quelques 30 heures ensembles. Une expérience dans le «ici-maintenant » en toute simplicité.

 

C’est avec comme préoccupation de créer un moment pour les familles afin de leur permettre de se ressourcer ainsi que de prendre un temps de qualité avec l’un et l’autre et avec que nous avons pensé ce petit séjour. Au menu : Pique-nique, Château de sable, baignades et embarcations nautiques, Bingo, réflexion, cuisine-collective, temps de prière en famille, relaxation, exercices matinaux, construction de cabanes à oiseaux, chasse aux trésors, après-midi cinémas pour les enfants et prière de Taizé pour les grands, jeux et j’en passe… Oui oui, tout cela et bien plus en 30 heures!

 

Sincères remerciements à Gladis, Gretta, Monia, Jean-Sébastien, Alex, Karyne & Maxime qui ont permis la réalisation de ce beau projet!

 

Je vous laisse sur quelques faits intéressants :

  • Durant le temps de prière en famille nous proposions une démarche très simple : « Merci Jésus pour :… » Voici certains remerciements : « Pour ma maman qui m’aime fort », « pour les fleurs », « pour la belle journée », « pour mes amis », « pour le temps d’arrêt que tu nous offres »… Nous avons été touchés de la beauté des prières qui s’élevaient vers notre Père…
  • Le visuel avait été préparé par les enfants… « Une fleur qui sort de la Bible nous on disaient-ils. Comme si la communauté que nous formons grandit, pousse dans la terre de la Bible celle de la Parole. » « La grosse bougie représente aussi les parents, les roches les valeurs et ils transmettent la lumière (la foi) à leurs enfants. Puis un jour ce sera mon tour d’être la grosse bougie. »
  • Après avoir construit les maisons d’oiseaux nous avons remis à chaque personne une pièce d’un casse-tête que nous avons assemblé. S’en suivi un bel échange… Pour construire le Royaume comme pour assembler un casse-tête ou une mangeoire il faut que chacun prenne sa place et participe. Les enfants ont nommé des façons dont ils pouvaient s’impliquer et faire la différence selon leurs talents et capacités. L’un d’eux à souligner le fait que si l’une des pièces du casse-tête se modifiait, souhaitant devenir une autre, la place de celle-ci resterait vacante. Un bel appel à l’authenticité;)

 

─Pauline B. Racine, Intervenante en mission auprès des jeunes